La Bulle, Changement de chef réussi pour le pétillant néo-bistrot

Alléché par de magnifiques photographies publiées sur les réseaux sociaux, il y a belle lurette que j’attendais une occasion pour aller manger au restaurant La Bulle dans le 10ème arrondissement. Les assiettes étaient à l’époque signées du Chef d’origine mexicaine Aberto Rebolledo. En mars 2015, ce dernier a cédé sa toque au jeune Chef Romain Perrollaz tout droit débarqué de Bucarest où il dirigeait avec succès les cuisines du Bistrot Français. J’ai donc profité d’un de mes rares passages dans le secteur pour y prendre un bain de soleil et voir de plus près si cette cuisine était aussi goûteuse qu’esthétique.

Premières Impressions :

À l’écart de l’agitation des bords du Canal Saint-Martin, la Bulle pétille au calme de la rue Louis Blanc. En cette période estivale, le restaurant est ouvert à tous les vents et la salle s’étend agréablement sur le trottoir. La décoration de ce néo-bistrot est sans extravagance mais imaginée avec la plus grande minutie. J’aime l’harmonie des tonalités à l’intérieur, un peu moins le mobilier criard en extérieur. La Bulle est le genre d’endroit où l’on se sent pleinement à son aise. Le personnel en salle y est d’ailleurs pour beaucoup. Sincère, souriant, efficace, prévenant sans trop en faire, un sans faute !

Par ces températures caniculaires, je m’empresse de m’hydrater avec une bière bio de la Brasserie de la Vallée de Chevreuse. Une mousse carrément enthousiasmante déjà croisée à l’occasion de ma dégustation des meilleures bières parisiennes. La Bulle ne badine pas avec la sélection de ses boissons. La large palette de vins carbure à la biodynamie et à la culture raisonnée. Tout est testé et approuvé par les patrons, Benjamin Renaud et Cécile Guillermin. Domaine Saint Nicolas Fiefs-Vendéens-Brem, La Taille aux Loups de Jacky Blot, Domaine des Huards de la famille Gendrier, les vins que j’adore se comptent ici par dizaines. Côté bulles, forcément des grands noms de la Champagne mais aussi un surprenant vin pétillant Z Bulles du Domaine Fay d’Homme qui ne laissera personne indifférent.

La Carte :

Venu au déjeuner, la carte se résumait au strict minimum. Un seul choix d’entrée, de plat et de dessert un peu trop orienté sur la mer à mon sens. Cette carte réduite était exceptionnelle car en temps normal l’offre à midi est multipliée par deux. Formule complète à 24 €, on est dans les standards bistronomiques. Le soir, La Bulle monte en gamme et se fait plus ambitieuse avec une liste de suggestions étoffée et un menu dégustation en 5 plats tarifé 55 €. L’adresse met l’accent sur la qualité des produits cuisinés. L’essentiel vient de l’incontournable boutique Terroirs d’Avenir. Pour le reste, le Chef se fournit en direct auprès de producteurs français et de commerces émérites du quartier. La Bulle est d’ailleurs détenteur du label Des Produits d’ici, cuisinés ici que quelques restaurants de qualité à Paris comme le Comptoir Tempero arborent déjà sur leur devanture.

Le Repas :

Ce ravissant déjeuner débute avec ces Sardines grillées, crémeux de chou-fleur et oignons pickles. Je retrouve d’entrée l’esthétique des assiettes qui m’avait séduit sur le net. Dressage méticuleux et coloré. Portions aucunement chichiteuses, bien au contraire. Le mariage fonctionne ici très bien avec des filets de sardines tonitruants impeccablement grillés et contrebalancées par un crémeux aussi lisse qu’une peau de bébé. Le chou-fleur rappé cru apporte du croquant et un soupçon d’amertume supplémentaire. Tout à fait le style de plat qui vous fait aimer un resto de façon totalement inconditionnelle.

Peu emballé par l’énoncé et même par le dressage, j’ai finalement été conquis par ce Lieu noir à la plancha, salade froide de blé cassé aux fruits secs. La cuisson du poisson est irréprochable et le blé cassé bien plus engageant que prévu. Mais c’est la sauce qui fait tout le charme de cette assiette. Puissante, finement sucrée presque aigre-douce, je ne boude pas mon plaisir à la faire entièrement disparaître avec une belle miche sourcée chez Les Gamins du Faubourg.

Le soufflet retombe quelque peu au dessert avec ces Fraises, rhubarbe en gelée d’hibiscus et crème de thym. L’ensemble est frais et plaisant mais la préparation manque de profondeur. Les goûts sont moins nets que sur le reste du menu et le souvenir de cette dégustation est tout de suite plus périssable. N’empêches que l’on ne peut nier l’envie de bien faire à travers ce dessert soigné et original.

Bilan :

Faut il y aller ? De toute évidence ! La Bulle est un établissement très estimable qui brille par sa constance et son engagement à proposer une cuisine singulière tournée vers les produits de saison. Le nouveau Chef Romain Perrollaz a parfaitement su conserver l’esprit de la maison et je ne peux que vous recommander d’aller vous y attabler au plus vite.

Avec qui ? À deux en terrasse aux beaux jours, entre amis le soir dans ce lieu convivial et décontracté.

Y retourner ? Je me vois bien investir la terrasse de La Bulle dans les prochaines semaines histoire de profiter de mon été parisien.

La clientèle ? Au déjeuner, des travailleurs du coin manifestement fidèles visiteurs de l’endroit.

C’est cher ? Non. 24 € pour ce déjeuner, je les mets sans sourcilier. La Bulle est à classer parmi les champions parisiens du rapport originalité / qualité / prix avec le Comptoir Tempero, Will, Le Clos Y ou encore le Dix-Huit. À voir le soir si le menu dégustation a 55 € peut s’apprécier dans une ambiance bistrotière.

Informations :

La Bulle
48 Rue Louis Blanc – Paris 10ème
Métro : Louis Blanc, Jaurès
Tél. : 01 40 37 34 51
www.restolabulle.fr

 

 




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