Le Mandoobar et sa sublime cuisine coréenne de comptoir

Le Mandoobar est curieusement passé sous le nez des plus avisés foodeurs de la capitale. Ouvert en toute discrétion en octobre dernier dans le 8ème arrondissement, il m’a été conseillé par une amie coréenne et il me tardait de découvrir ce nouveau spécialiste du Mandoo à Paris. C’est à l’occasion du tournage de l’emission Très Très Bon avec le Très Très Bon François-Régis Gaudry que nous avons tenté notre chance dans cet établissement encore désert mais plein de promesses.

Premières Impressions :

Le Chef coréen Kim Kwang-Loc a décidé d’installer son comptoir à Mandoo dans la discrète rue d’Edimbourg. En lieu et place d’une ancienne boutique de guitares, il a courageusement aménagé de ses mains un très bel espace où 12 convives sont confortablement installés et en prise direct avec la cuisine.

La salle du restaurant regorge d’objets insolites typiquement coréens. Le mur de briques affiche un magnifique Hanbok, un vêtement traditionnel coréen, tandis que dans le fond flotte une authentique cithare du pays. On a peine à croire que le Chef a réussi à s’improviser décorateur avec autant de brio. Bricoleur et cuisinier, décidément cet homme est bon à marier !

Seul, il s’occupe de tout. De l’accueil jusqu’au service en passant bien évidemment par la cuisine qu’il pratique avec le plus grand soin. Le restaurant est encore en rodage et nul doute que le succès grandissant de l’adresse amènera son lot d’ajustements.

La Carte :

La sérénité qui se dégage des lieux est vraiment agréable et l’on prend plaisir à décortiquer la carte au rythme de la douce musique coréenne 70s qui émane de l’électrophone. La liste des propositions est très courte. Il y a d’abord les fameux Mandoo déclinés en version aux légumes et à la viande. Les prix sont dérisoires allant de 7 € les 8 aux légumes à 9.5 € pour 12 à la viande. De quoi se faire une belle orgie à moindre frais ! Ensuite, le Chef travaille le bœuf et le thon pour des tartares aux saveurs coréennes (9/10 €). Enfin, on a le choix entre trois accompagnements aux énoncés minimalistes, riz au sojasoupe coréenne de saison et salade coréenne. En appétit, nous commandons tous les plats de la carte ! Je vous recommande d’ailleurs d’en faire autant sachant qu’à deux il vous en coûtera à peine 23 € par personne…

Le Repas :

Pour accompagner ce déjeuner, le Chef nous propose un Bek Se Ju. Cet alcool coréen est réalisé à partir de riz gluant fermenté et aromatisé, entre autres, avec du ginseng, de la réglisse, du gingembre, des baies de goji et de la cannelle. Contenant de nombreuses herbes utilisées dans la médecine traditionnelle, ce vin favoriserait la longévité. C’est d’ailleurs de là qu’il tient son nom puisque Bek Se Ju 백세주 signifie Vin de Cent ans en coréen. N’ayant jamais goûté ce breuvage auparavant, j’ai été surpris par ses riches notes herbacées mais sa puissance et sa complexité en font un vin de riz fabuleux qu’il me tarde de déguster de nouveau…

On sent à la façon de travailler et de parler du Chef Kim Kwang-Loc qu’il est un véritable passionné de son métier. Dans un bon français, il nous explique sa cuisine et sa démarche, nous parle de fraîcheur et de l’origine de ses produits. Sur tous les sujets, il semble incollable et s’affiche en puriste invétéré. Sincère et humble, il n’a qu’une obsession, celle de faire aimer la cuisine de son pays à ses clients.

Les Mandoo font leur entrée. Fumants et luisants, ils brillent par leur finesse. La transparence de la pâte faite maison à partir de farine de blé et de riz gluant laisse apparaître les aromates. M’efforçant de raconter des choses à peu près intéressantes à la caméra de l’adorable François-Régis, j’en oublie de m’appliquer sur mes photos. Tant pis, je meurs de faim.

N’y allons pas par quatre chemins, je suis littéralement tombé sous le charme de ces dumplings coréens. La version aux légumes renferme une farce à base de tofu, de poireau, de ciboule et de quelques touches d’algues. L’ensemble est onctueux et léger. Le tofu apporte une délicate consistance tandis que le poireau et la ciboule laissent s’échapper tous leurs parfums en bouche. C’est jouissif, j’ai adoré !

La version à la viande n’est pas en reste. La farce composée de bœuf et de porc marinés avec de la ciboule se distingue par cette même légèreté. Trempés dans un mélange sauce soja et huile de sésame, ces mandoo se dégustent sans faim ni fin. Oubliés les Jiaozi bourratifs et les gyozas grillés, maintenant je ne jure que par les Mandoo coréens du Mandoobar 😉

Je n’ai pu sauver de ce naufrage photographique que ce cliché du Tartare de bœuf. J’aurais eu bien de la peine de ne pas pouvoir vous en vanter les mérites. En effet, malgré son air banal, ce plat révèle une viande de première qualité taillée avec dextérité sous nos yeux. L’assaisonnement est simple mais d’une justesse impeccable. L’amertume caractéristique de l’huile de graines de sésame grillées est reléguée en arrière plat pour laisser toute sa place au goût brut de la viande fraîche. La sanction est tout aussi unanime avec le Tartare de Thon. L’huile de sésame a disparu au profit de l’unique sauce soja. Une touche de piment et quelques lamelles de radis mariné suffissent à sublimer l’ensemble.

Du coté des accompagnements, peu de surprises mais des réalisations précises et honnêtes. Le riz est cuit à la perfection, les pousses de soja sont croquantes et les assaisonnements ajustées à la goutte près. Mention spéciale pour la Soupe coréenne. L’onctuosité du tofu contraste avec la puissance du bouillon. Ça sent la terre, les herbes, bref, on plonge sa cuillère sans retenue mais non sans alterner avec une rasade du remarquable Bek Se Ju. Autant de plaisir pour seulement 3 €, je ne sais pas ce qui vous faut pour vous convaincre d’aller au Mandoobar !

Vous noterez que le restaurant ne propose pas encore de desserts. Ça ne saurait tarder ! Le Chef attend en effet du renfort en cuisine en provenance directe de Séoul. Il y a fort à parier que le Mandoobar nous réservera de belles surprises à l’avenir.

Bilan :

Faut il y aller ? Il y a tout dans ce restaurant. Une cuisine sincère et légère, un cadre agréable, un bel accueil, un Chef passionné, de beaux produits, des prix dérisoires et des tas de promesses pour l’avenir. Pour moi, c’est un vrai coup de cœur que je suis heureux de partager avec vous.

Avec qui ? Un critique gastronomique.

Y retourner ? Je me demande si je ne vais pas prendre une réservation hebdomadaire !

La clientèle ? Essentiellement des connaisseurs pour le moment mais je ne doute pas que l’adresse va vite faire le tour de la blogosphère et attirer toutes sortes de curieux gourmands.

C’est cher ? Tellement peu qu’on se demande comment le restaurant va tenir… Même en y allant sévère sur la commande on ne dépasse pas les 30 € par personne. Quand je pense que le shot de Mandoo + bière n’est qu’à 13 €, je me dis qu’il est bien difficile de trouver meilleur plan dans le secteur…

Et les toilettes ? Nickel.

PS : N’oubliez pas de lire la critique de François-Régis Gaudry sur son blog et surtout de regarder l’excellente émission Très Très Bon de Paris Première !

Informations :

Mandoobar
7 Rue d’Edimbourg – Paris 8ème
Tél. : 01 55 06 08 53
Métro : Europe

 

 




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